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Les Hossints étaient un peuple nomade qui vivait dans une forêt luxuriante. Ils ressemblaient à un hybride de plante et de singe, mais ils avaient l’intelligence des hommes. Quelques années plus tôt, Tolac, sept ans, s’était aventuré trop profondément dans la forêt et s’était perdu. Il avait tourné en rond jusqu’à ce que la nuit tombe. Épuisé, il avait fini par s’allonger. Une panthère s’était approchée, flairant le bon repas. Soudain, une Hossinte était arrivée en hurlant pour faire fuir la panthère. Cette étrange créature l’avait pris dans ses bras et s’était éloignée.

Des années plus tard, deux prospecteurs pénétrèrent dans la forêt afin de repérer l’Hium, un matériau précieux et rare utilisé dans la fabrication d’une nouvelle technologie d’intelligence artificielle. Les plantes envoyèrent des signaux d’alarmes aux Hossints pour les prévenir de la présence d’intrus à la recherche du fameux matériau. Aussitôt, les nomades dépêchèrent leurs guerriers afin de repousser les deux hommes.

Quelques jours passèrent et de gros engins coupèrent les arbres pour tracer une voie d’accès vers l’Hium. Tolac, maintenant jeune adolescent, fut missionné par les Hossints pour convaincre les envahisseurs de faire demi-tour.
"La ressource que vous essayez de nous voler est vitale pour notre civilisation et pour la planète."
Évidemment, les humains leur rirent au nez et continuèrent leur massacre.
Il y eut une guerre.
Il y eut des morts.
Il y eut de fortes tempêtes.
Des vents dévastateurs et des vagues plus hautes que trois immeubles.
Il y eut des pleurs.
Des parents éplorés et des enfants sans famille.
Et puis… Plus rien.

La Terre devint une immense croute et les hommes n’étaient plus qu’un souvenir. Les Hossints étaient morts, mais pas tout à fait. Car chaque Hossint, en s’éteignant, s’était décomposé pour laisser place à une graine. 
D’abord, il y eut une minuscule pousse verte.
Puis l’apparition d’une petite tige qui grandit, grandit encore pour laisser apparaitre des feuilles qui bravaient le vent. 
Enfin, il y eut une fleur. 
Et soudain, elle ne fut plus seule. Espèce par espèce, la vie reprit ses droits.   

Écrit par Clément et Sirine